Bouquet de mariée : choisir ses fleurs aussi pour ce qu’elles disent

Bouquet de mariée : choisir ses fleurs aussi pour ce qu'elles disent

Beaucoup de futures mariées arrivent chez le fleuriste avec une capture d’écran : un bouquet repéré sur les réseaux sociaux, photographié dans une autre saison, sous une autre lumière, avec des fleurs qui ne poussent pas au même moment de l’année. Le fleuriste fait de son mieux, et le jour du mariage, le bouquet ressemble vaguement à l’image. Il existe une autre façon de s’y prendre : décider d’abord de ce que les fleurs doivent dire, puis vérifier qu’elles conviennent à la saison et à la robe.

Ce que le sens des fleurs apporte à un bouquet de mariée

Les bouquets de mariée ont longtemps été composés comme des messages. Quand la reine Victoria épouse le prince Albert en 1840, elle choisit une robe blanche, dont elle contribue largement à répandre la mode, et une couronne de fleurs d’oranger, symbole de pureté. Depuis le XIXe siècle, les mariées de la famille royale britannique glissent aussi dans leur bouquet un brin de myrte, plante associée à l’amour et au mariage.

Aujourd’hui, rares sont les invités capables de déchiffrer un bouquet. Le sens garde pourtant un intérêt pratique : il donne un fil conducteur à des choix qui, sinon, se résument à « c’est joli », et il évite de piocher des fleurs au hasard dans un catalogue. Il fournit aussi une petite histoire à raconter, dont les témoins savent faire bon usage au moment des discours.

La tulipe blanche, une évidence pour un mariage de printemps

Pour une cérémonie entre mars et mai, la tulipe blanche coche beaucoup de cases. On lui prête la pureté et la sincérité, mais aussi le respect, des valeurs qui vont bien à un engagement. Cette lecture est plus récente qu’on ne le croit : la signification de la tulipe blanche doit davantage à la symbolique occidentale du blanc qu’à un texte ancien, alors que la fleur elle-même a traversé une longue histoire, de la Perse et de l’Empire ottoman jusqu’aux Pays-Bas.

La tulipe a un caractère qu’il vaut mieux connaître. Coupée, elle continue de grandir dans le vase et se tourne vers la lumière. Dans un bouquet rond et serré, ce mouvement peut déformer la composition en quelques heures ; dans un bouquet champêtre, il lui donne au contraire de la souplesse. Elle s’ouvre aussi largement à la chaleur : un bouquet oublié une heure dans une voiture au soleil arrivera grand ouvert, voire défait, à la cérémonie. Les variétés doubles, aux pétales nombreux, tiennent mieux leur forme et rappellent la pivoine, une piste pour celles qui rêvent de pivoines en avril. Enfin, la tulipe boit beaucoup : un bouquet monté la veille doit passer la nuit dans un vase d’eau fraîche, dans une pièce fraîche, et non posé à plat sur une table.

La saison décide plus que le catalogue

Choisir ses fleurs pour leur sens n’a d’intérêt que si elles sont belles le jour venu. Une fleur hors saison coûte plus cher, voyage davantage et arrive parfois fatiguée. Quelques repères pour le marché français, qui bougent un peu selon les régions et les années :

  • au printemps, la tulipe, la renoncule, le lilas, et le muguet autour du 1er mai, que la tradition associe au retour du bonheur ;
  • de mai à juin, la pivoine, symbole de prospérité et d’honneur dans la tradition chinoise, et les roses de jardin ;
  • en été et jusqu’à l’automne, le dahlia, la scabieuse et le cosmos ;
  • en hiver, l’anémone et l’hellébore, rejointes par les premières renoncules.

Mélanger deux saisons reste possible. La fleur hors saison sera simplement la plus chère du bouquet, et souvent la plus fragile.

Accorder le blanc des fleurs au blanc de la robe

C’est l’erreur qu’on découvre sur les photos, rarement le jour même. Une robe ivoire ou champagne à côté de fleurs d’un blanc pur paraît soudain jaunie ; à l’inverse, des fleurs crème contre une robe d’un blanc optique semblent fanées. La parade est simple : apporter au fleuriste un morceau du tissu de la robe, ou à défaut une photo prise à la lumière du jour, sans filtre. Pour une robe ivoire, on cherchera des tulipes blanc crème, des roses aux reflets beurre et un peu de feuillage gris-vert pour faire la transition. Pour une robe très blanche, le blanc pur des tulipes fonctionne, à condition de l’accompagner d’un vert franc qui évite l’effet glacé.

Si le sens de votre bouquet vous tient à cœur, faites-le connaître : une ligne dans le livret de cérémonie ou une phrase du témoin suffit. Un bouquet qui raconte quelque chose ne remplit son rôle que si quelqu’un l’entend.